La ville commençait à se réveiller, un samedi matin. Le soleil n’a commencé qu’à se poindre il y avait une heure à peine. Quelques passants s’affairaient avec un bon café chaud en main sous un morne ciel gris, et la douceur de la température en cette fin d’automne semblait alléger le présage des froides nuits à venir.
Le Vieux-Montréal me paraissait alors grisâtre, mais une courte promenade m’a suffit pour y retrouver des couleurs et nuances que j’avais oubliés. Les tableaux d’une exposition :
Le Boris Bistro. Tiède soirée d’été, un vent léger, retrouvailles en tête-à-tête entre amis, avec le calme bruissement des arbres de la terrasse. Nous sommes égayés et léger. Petit bonheur.
Le Titanic. Établissement situé au sous-sol d’un immeuble, invisible si on est pressé, ouvert seulement du lundi au vendredi pendant le jour, et donc probablement (possiblement) très populaire. Existe depuis belle lurette…
Le Petit Moulinsart. Nestor y tient encore le menu du jour pour les touristes et curieux! (Et sûrement pour quelques habitués occasionnels!)
Stash Café. Je vois le vieux piano à travers une fenêtre ouverte, toujours à la même place, il y avait plusieurs années. Qu’en est-t-il devenu du beau jeune pianiste dont une amie et moi nous étions innocemment amouraché? À travers cette même fenêtre, le silence qui y régnait en ce matin semble encore me parler.
Et ces grands hôtels au centre de la vieille ville : mythiques et un semblant inaccessible, mais une fois l’enceinte artificielle pénétrée, tout se fond et tous se confondent.
En ce samedi matin, rien ne paraît. Le restaurant du St-Sulpice sur St-Paul est tout aussi sombre et inanimé que son homonyme sur St-Denis. Rendu à proximité de la Basilique Notre-Dame, seul des touristes lève-tôt accompagnés d’un distingué maître d’hôtel brisent ce confortable sentiment de paix et plénitude.
« Et avec toute la poésie des choses fictives, je dessine la réalité imaginée de ma vie. Le vent, le ciel, la pluie, le sang des êtres et l’essence des choses, l’amitié, l’amour et la musique, tout me subsistera après. » (Marie Brassard)
Montréal, le 26 novembre 2011
Sunday, November 27, 2011
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